12°05'S 49°08'ELes fonds
La chasse sous-marine
La chasse sous-marine dans la baie et au large de Diégo-Suarez : les tombants, les espèces, la saison qui la permet, et ce que le fusil y trouve.
Relevé par Basile Ravelo · relu par Inès Ratsima · 598 mots · 3 min de lecture ·

La chasse sous-marine au nord de Madagascar se divise en deux mondes : la baie, qui se pratique à l'année dans le calme, et le large, qui n'ouvre que quand la mer laisse passer. Le vieux site de l'hôtel lui consacrait des séjours entiers, avec camps dédiés et films de retour de pêche ; la pratique n'a pas diminué depuis.
Dans la baie
La baie de Diégo-Suarez est l'une des plus grandes du monde, et son plateau intérieur tient des fonds de cinq à vingt mètres où le chasseur débutant trouve du poisson sans sortir en haute mer. Mérous, carangues, capitaines, vivaneaux : les tombants de la rive est, entre Ramena et les baies du courrier, donnent une chasse de bordure dans une eau qui descend rarement sous vingt-quatre degrés. La visibilité varie avec la marée et le vent ; les meilleurs jours sont ceux où le Varatraza s'arrête avant midi.
Au large
Dehors, la donne change. Les mêmes tombants qui tiennent le marlin tiennent le thon, la carangue et le gros mérou de profondeur, mais la chasse au large se pratique depuis le bateau, en dérive, et elle appartient aux chasseurs qui savent lire une descente. Le danger n'est pas le requin, qu'on croise et qu'on laisse ; c'est le courant de la passe, qui peut prendre un homme en apnée et le porter au large plus vite qu'il ne nage. Les sorties se font donc en groupe, avec un homme à la barre qui ne quitte pas les palmes des yeux.
L'équipe et la saison
La chasse dans la baie se pratique à deux ou trois, jamais seul : un homme à la barre, un binôme dans l'eau, et la règle du retour communiqué avant chaque descente. L'équipement est celui de l'apnée : palmes longues, fusil adapté au fond qu'on chasse, combinaison légère quand la saison refroidit l'eau de surface. La saison du Varatraza est la saison de la chasse, la mer plate rend la bordure lisible ; la saison des pluies ferme les sorties au large et rouvre le calme de la baie, où la visibilité fait le programme au jour le jour.
Ce que le fusil cherche
La chasse ici vise le poisson de table et le poisson de défi : les carangues et les vivaneaux des bordures, les mérous des trous, le barracuda qui passe en banc, et au large les thons et les grands pélagiques des dérives. La règle du camp valait pour tous : on ne tire que ce qu'on porte, on laisse ce qui ne se mange pas, et le poisson qu'on ne reconnaît pas reste dans l'eau. Le carnet ajoute ce que les pêcheurs répètent : la meilleure chasse est celle dont on rentre.
Les habitués du coin répètent aussi que la chasse commence sur la terre : le choix du bord, l'heure de la marée, la lecture du courant à la surface font les trois quarts de la sortie ; le fusil ne fait que le dernier quart.
Le relevé, corrigé
La réglementation malgache encadre la chasse sous-marine : la bouteille y est interdite, seule l'apnée est admise, et certaines zones, dont les réserves et les parcs, sont fermées. Le carnet rappelle ce qui est écrit ailleurs : on ne chasse pas dans la réserve, on ne chasse pas la nuit, et le poisson qu'on ne mange pas reste dans l'eau. Les positions du carnet couvrent la baie et le large, pas les interdits.


